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Université Georges de Naplouse, le 07 mars 2013Modifier


Conférence sur la stabilité économique de Pedro AntiModifier


Quelques 500 étudiants étaient venus voir la Conférence du Commissaire au Plan. Celui-ci venait faire une conférence sur la stabilité économique. S'il n'avait pas voulu éditer de rapport sur le sujet, c'est qu'il était trop vaste et il pensait qu'il fallait aller voir les étudiants, les pousser à l'entrepreneuriat et au volontarisme économique.

Anti 1








Mesdames et Messieurs,

Très chers étudiantes et étudiants,

Professeurs de l'université.


Je vous remercie tous et toutes d'être venus si nombreux à cette conférence sur un sujet très barbant : l'Economie. Je vous l'accorde, le domaine est très ennuyeux mais je viens aujourd'hui pour présenter un cours, ou plutôt une conférence sur un sujet très important qui est "la stabilité de l'économie nadéenne". 


Bon, ok. Le titre est des plus ennuyeux.

Rires.

Vous pouvez rire. C'est très bien, c'est très utile de garder son sens de l'humour quand on vous apprend une inflation de 17%... Je peux vous assurer qu'il ne vous reste que ça à ce moment.

Fin des rires dans la salle. Sourires gênés de certains étudiants.

Anti 2










Certains vous diront que l'économie nadéenne est forte. Forte comme elle ne l'a jamais été. Oui, c'est vrai. Cela est vrai sur le court et moyen terme. Notre pays est habitué à des taux de croissance de plus de 5%, l'inflation est maîtrisée même si les efforts structurels doivent être renforcés. 


Cependant, qu'est-ce qui soutient l'économie? A une époque, durant l'ère de la BN sous Giulianna Guzzo, c'était la presse. La presse enregistrait plus de 60% de la croissance du pays. Sous ma direction, ce niveau est retombé pour faire place à d'autres domaines. Aujourd'hui, c'est le BTP qui tient l'économie.


Nous avons une évolution intéressante, je vous l'accorde. Habituellement, un Etat fait le parcours suivant: "Agriculture dominante puis artisanat dominant puis Industrie puis Service". Nous, nous avons d'abord eu une économie de service mais avec les réformes de la BN après la dernière crise du Kaltédur, nous assistons à une industrialisation de Nadür. Cependant, nous ne retrouvons pas la diversité économique que nous avions sous le système de Scheinwald.


Or, c'est bien de la diversité économique dont il est question pour la stabilité. Certains d'entre vous ont entendu leurs grands-mères dire "Ne mets jamais toutes tes pastèques dans la même cuisine". A la vérité, nos grands-mères sont les plus grandes économistes qui soient.

Rires.

Anti 3








Nous pouvons rire. Cela ne change rien à la réalité : une économie axée sur un secteur n'est pas une économie sûre. Le problème qui peut se poser est d'autant plus grand que le secteur du BTP est l'exemple type de secteur soumis à la loi de l'offre et de la demande. C'est aussi l'un des secteurs les plus soumis à spéculation.


Je vais donc développer ce point, voulez-vous. Les caractéristiques du secteur du BTP sont très influentes sur l'économie d'un Etat, encore plus sur Nadür. C'est tout d'abord un secteur à forte valeur ajoutée. C'est aussi un marché directement soumis à la variation de l'inflation. Une déflation massive met sur la paille les investisseurs. Une inflation massive exclut les plus pauvres de l'accès au logement. A cela entre en jeu le système d'offre et de demande. A Nadür, il existe un processus qui nous protège de la sur-production de logements car nous achetons selon les besoins si bien que l'offre égale toujours la demande tant que les prix permettent de garantir un accès à l'achat. Actuellement, cela porte l'économie sur une croissance de 8%.


Or, un problème va bientôt, je ne sais pas quand, se poser : celui de la pleine satisfaction du marché et de l'absence de croissance de la population active. Ce jour-là, on risque une chute massive des constructions. Et donc une chute de la croissance. L'Etat pourra aider avec des travaux publics et autres aides fiscales, l'argent sortira plus des caisses qu'il n'en rentrera au titre de la TVM de 15%. 


J'aimerais appuyer mon raisonnement sur ce rapport des estimations des commandes sur les 4 derniers mois dans le BTP :


  • Novembre 2012 : 2
  • Décembre 2012 : 8
  • Janvier 2013 : 4
  • Février 2013 : 5


Pour l'instant, la crise dont je parle n'est pas encore survenue. Nous avons de nouveaux actifs et les chiffres ne sont pas alarmants. Pourtant, ils montrent bien la variabilité du secteur. Entre novembre et décembre : la demande a été multipliée par 4 ! Entre décembre et janvier, les ventes ont baissé de 50%.


Si la croissance du secteur est assurée, la stabilité ne l'est pas. Car il n'y a pas de diversité économique. Preuve à l'appui, voici la même étude mais dans le second secteur industriel du pays, l'automobile :


  • Novembre 2012 : 0
  • Décembre 2012 : 1
  • Janvier 2013 : 3
  • Février 2013 : 2


Mes amis, à Nadür, on construit plus de maisons que d'automobiles. Vous me direz, c'est magnifique, tout le monde va avoir un toit. Je vous réponds : les maisons ne s'exportent pas.


Car le problème va être amplifié avec l'ouverture des marchés économiques, Nadür n'a pas vraiment de secteurs d'export sur lesquels compter. Certes, nous pourrons investir dans les médias, dans les services à l'étranger mais cela ne créera que de la richesse fictive. Il faut bien conserver à l'esprit que l'économie, le commerce est avant tout matériel. Si nous importons tous les biens manufacturés, Nadür sera vouée à une dépendance extérieure et donc aux prix du marché micromondial.


De plus, je parlais de nos services mais les médias, premier secteur de service, sont totalement inactifs. Il faut donc renforcer notre industrie et surtout la diversifier. Par exemple, Nadür possède l'une des premières armées du Micromonde: Que l'armée devienne un facteur de développement de l'automobile, de l'aéronautique, de la construction navale et même, le rève d'un certain Ismaël Cobos, l'aérospatial !


Mais pour cela, il faut un volontarisme citoyen pour l'entreprise. Cela c'est vous seuls qui le pouvez. Il faut aussi un soutien de l'Etat, et pour cela, il faut continuer à développer les aides aux entreprises et surtout, à développer le système bancaire.


Cependant, rappelez-vous toujours de ceci : l'Etat a toujours un train de retard sur la réalité, et quand il tente de prendre de l'avance, il se heurte à des obstacles. Le développement de Nadür passe par vous, vous qui avez le pouvoir de créer de la richesse et de choisir le secteur où elle est créée. Et si on vous dit "Ca ne fonctionnera pas. C'est voué à l'échec", dites-vous que cela fait des années que le Micromonde nous voue à l'échec...


Alors, mes jeunes amis : Entreprenez !

Il fut applaudit par les étudiants. Il déclara accepter de répondre aux questions.