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Université Godric 1er, le 18 février 2013Modifier


Conférence sur la gauche de Michael RocardoModifier


Michael Rocardo, historien et politologue, venait effectuer une intervention à l'Université Godric 1er. Antonin Cristo le présenta aux nombreux étudiants qui étaient venus dans l'amphithéâtre.

Rocardo 1









- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

Je vous présente Michael Rocardo ! Cet éminent historien et politologue vient aujourd'hui faire une intervention devant vous sur le thème "Être de gauche, aujourd'hui et demain". Je vous conseille vivement de prendre des notes sur cette intervention qui promet d'être hautement passionnante. Monsieur Rocardo, je vous laisse maintenant la parole.


- Merci monsieur le Recteur, bonjour chers étudiants.

Je vais donc commencer mon propos, et je vais le commencer en tentant de donner une définition de ce qu'est la gauche, de ce qu'elle représente aujourd'hui. C'est assez compliqué, parce que dans ce pays, il existe en réalité plusieurs gauches. Pour définir clairement la gauche actuellement, il faut faire un petit retour de quelques années en arrière, jusqu'à l'indépendance de 2009. On pourrait remonter au-delà, jusqu'à Emilio Poti sous la Première République par exemple, mais la gauche qu'il promouvait n'a pas beaucoup de différences avec celle d'un Georges de Naplouse. Celui-ci était le président émérite et ô combien célèbre du Mouvement de la Gauche Nadéenne, le grand parti de gauche issu de la Révolution. Quelles étaient les idées défendues ?


A vrai dire, la gauche en 2009, et pendant quelques temps, est unie. Elle ne forme qu'un, et défend les mêmes positions, la même idéologie. La gauche à l'époque, c'est la défense de l'humanisme ; c'est la défense de la République ; c'est la défense de la laïcité ; mais c'est surtout la défense du travailleur. Et, dès lors que la gauche du MGN a choisi la défense du travailleur dans un système économique capitaliste (mais pas encore libéral), dès lors que le MGN était considéré comme le plus grand parti de Nadür, alors il n'y avait plus de place pour les autres gauches. Elles étaient vouées au silence. Mais, après la dissolution du MGN, un véritable tournant a eu lieu ; sans détailler le rôle des micro-partis, on se rend compte que l'opinion de gauche dérive... à gauche. A vrai dire, sous l'inspiration de Sarah Olvida, l'écologie devient un des fondements, un des piliers de la gauche nadéenne : c'est le Nouveau Rassemblement pour une Ecologie Populaire (Néo-Rep). Dans le même temps, un parti d'extrême gauche se forme : la Révolution Socialiste. Les Nadéens, lors de sa création, imagine un programme prônant une rupture totale avec le système économique, politique... Et ce n'est absolument pas ce que la RS propose. Certes, il est évoqué de nombreuses nationalisations et autres sanctions à l'égard des entreprises "capitalistes terroristes". Cependant, le fait que la RS accepte même le principe de monnaie en circulation, d'impôt et surtout d'entreprise, montre que la gauche nadéenne, même si elle est extrême, a totalement intégré dans son idéologie l'acceptation de notre système économique.

Les étudiants semblaient concentrés et prenaient des notes. Ils étaient tout de même un peu impatients, car ils attendaient une définition de la gauche nadéenne actuelle. Rocardo le remarqua et en sourit.

Mais je viens à la gauche nadéenne actuelle. On aurait pu dire qu'elle s'est déplacée encore plus à l'extrême, avec l'Union de la Gauche Populaire ou l'Union Citoyenne et Solidaire. Et pourtant, actuellement, la gauche a totalement accepté le système économique. Il ne reste, pour ainsi dire, que Romane Hazard pour exiger une taxe de 30% sur les bénéfices des entreprises... Cependant, le coeur de la gauche, contrairement à ce que j'ai pu dire tout à l'heure, s'est, depuis la fin de l'UCS, redirigé vers le centre. Un parti illustre ce changement : le Parti du Rêve Nadéen. Quand Marco Geraldo le crée, il annonce qu'il souhaite une rupture totale avec toutes les conventions, même s'il affirme (encore une fois !) accepter le système économique actuel. Aujourd'hui, le PRN ne s'axe plus du tout sur une rupture des conventions. Et j'en viens donc à ma définition de la gauche d'aujourd'hui. Elle est clairement influencée par l'idéologie du PRN, qui est plus que majoritaire dans le pays, nous avons pu le constater dimanche dernier. Si l'on se fonde sur la politique menée depuis décembre par le Président Geraldo, alors cette politique est clairement axée au centre, au centre-gauche. Pas à gauche, du moins dans l'économie.

Rocardo 2









En réalité, la définition de la gauche d'aujourd'hui, c'est plusieurs choses : d'abord, dans l'économie, une maîtrise saine des finances, dans le but d'avoir une forte croissance mais une faible inflation ; dans le social, de grandes avancées, qui sont financées par l'Etat, qui intervient énormément dans l'économie pour servir le social ; dans les institutions, c'est la décentralisation, avec tout de même, toujours de forts pouvoirs à l'Etat : il n'y a aucun fédéralisme à Nadür, la décentralisation récente a simplement eu le mérite d'être original par rapport aux décentralisations "classiques", en cela qu'elle donnait un rôle législatif aux Gouverneurs ; enfin, la gauche, mais ce n'est pas nouveau, défend la laïcité, défend la République, et (cela, c'est nouveau), tente de développer Nadür à l'international. S'il y a une chose qu'il fallait retenir du premier mandat de Monsieur Geraldo, ce serait sans doute le développement de ces relations diplomatiques. Ainsi, la gauche aujourd'hui, c'est maîtriser une économie capitaliste pour effectuer de grandes avancées sociales.


Dès lors qu'on sait cela, comment caractériser et donner un nom à cette gauche, qui est malgré tout en rupture avec les précédentes : celles-ci promettaient à peu près les mêmes choses, mais au pouvoir, ne faisaient pas grand-chose... Il est incontestable d'accorder à Marco Geraldo et au gouvernement (notamment le ministre d'Etat, Benjamin de Salazar), le bénéfice de l'activité. Donc, comment donner un nom à cette gauche nouvelle ? Certains l'appellent "social-démocrate". Moi je ne suis pas d'accord. Je suis social-démocrate, j'ai été le premier à l'affirmer sur la scène publique à Nadür. La social-démocratie se caractérise par plusieurs éléments : la négociation, d'abord et avant tout : elle doit être permanente, elle doit s'effectuer avec les partenaires sociaux, les partenaires économiques, les partenaires environnementaux... La recherche systématique du consensus est primordiale ; la laïcité, ensuite, mais sans tomber dans une haine et un rejet des religions ; la bonne maîtrise des finances publiques, avec cependant l'idée de l'adaptation de la politique économique, à la conjoncture ; enfin, des avancées sociales, mais qui ne sont pas forcément financées par l'Etat. Dans la social-démocratie, si l'Etat doit être plus important que dans une idéologie libérale, il doit cependant savoir rester en retrait et ne pas être omniprésent. Or, actuellement, il y a omniprésence de l'Etat. Omniprésence du Président et du gouvernement. Si deux points sur quatre sont donc respectés (la laïcité et l'économie), les autres, qui sont encore plus primordiaux, ne le sont pas. Voilà pourquoi la gauche actuelle ne peut être considérée comme social-démocrate.


Qu'est-elle, dès lors ? En réalité, elle mélange. Elle mélange deux idéologies, deux pensées, mais elle les mélange de telle sorte que cela ne se voit pas : les résultats sont là, la politique du gouvernement a clairement fait avancer Nadür. Mais cette politique est indéfinissable : elle allie critères de la social-démocratie (laïcité, politique économiques) et critères de la gauche "traditionnelle" et interventionniste (la négociation presque absente, tout se joue en Conseil des Ministres ; les grandes avancées sociales qui sont financées par l'Etat). Peut-on alors parler de "social-démocratie à la nadéenne", qui serait une variante ? C'est à voir. Je pencherais plus pour la gauche "capitalo-sociale" ou un terme du genre, c'est-à-dire qui allie acceptation du système capitalisme et grandes avancées sociales pour atténuer les dégâts de ce système économique.


Maintenant, la vraie question est : quelle gauche pour demain ? Une gauche dans la lignée de celle du PRN ? Une gauche plus extrême ? Une gauche écologique comme le Néo-Rep ? Une autre gauche encore ? Personnellement, je défends cette autre gauche. Vous l'avez compris, cette gauche, c'est la gauche social-démocrate. Je n'ai pas peur de le clamer. Je suis en faveur de cette gauche. J'estime qu'elle ne peut que représenter la gauche de demain. En effet, avec la décentralisation, avec la probable future micromondialisation, avec l'ouverture des marchés aux étrangers et la concurrence internationale, les gouvernements ne pourront plus décider de la politique à mener dans le secret, en Conseil des Ministres. Pour marquer des avancées à Nadür, il faudra effectuer des négociations communes ! Cela deviendra indispensable dans les années à venir, dans les mois à venir, tout le monde comprendra pourquoi : si on n'établit pas de liens de confiance avec les partenaires sociaux, économiques ou encore culturels, alors l'économie nadéenne va se faire détruire par les autres micronations ! La social-démocratie va s'imposer comme une évidence. C'est véritablement la gauche de demain.


Je vais conclure mon propos. Tout d'abord, rappeler que ce n'est qu'une pensée personnelle. Cependant, je l'ai théorisée depuis longtemps, je l'ai fondée sur des faits et des arguments. On pourra toujours la contester. Ce qui n'est pas contestable, c'est que la gauche, et l'idéologie de gauche a clairement évolué depuis 2009. Aujourd'hui, être de gauche à Nadür, c'est accepter le capitalisme, mais mettre en place un interventionnisme d'Etat au niveau social. Mais demain, la gauche, on ne sait pas ce que ça va être. Ce qui est presque sûr, c'est que la gauche extrême a disparu de Nadür. Maintenant, la question est ouverte : pour demain, une gauche interventionniste comme celle du PRN, ou une gauche social-démocrate ?


Chers étudiants, je vous laisse sur cette question d'ouverture, en espérant vous avoir apporté des connaissances et de la matière à réflexion sur la gauche, sur son idéologie passée et actuelle, et sur les possibilités d'avenir que la gauche entrevoit. Un choix entre l'interventionnisme et la social-démocratie est imminent, et j'espère que vous pourrez le voir et l'analyser objectivement et lucidement. Je vous souhaite donc bonne chance pour la suite de vos études.

Michael Rocardo fut longuement applaudi par les étudiants qui avaient trouvé cette intervention passionnante. Antonin Cristo remercia l'historien, et invita les étudiants à lui poser quelques questions.

Au bout d'une heure de questionnement, le Recteur mit fin à la conférence, et toute la salle applaudit Michael Rocardo.